Un diamant rare, piège des indices énigmatiques des profondeurs et les rapporte à la surface.

Un diamant brésilien, pesant moins d'un dixième de gramme, formé à des centaines de kilomètres sous la surface de la Terre, agit comme un émissaire des profondeurs de notre planète.
Il nous informe qu'il pourrait y avoir d’énormes quantités d'eau cachées profondément, loin sous nos pieds.

Ce diamant contient un message des profondeurs de la Terre.
(Région de Juína au Brésil. Note du traducteur)
Crédit photo: Richard Siemens, Université de l'Alberta

 

Graham Pearson, un géochimiste spécialiste du manteau terrestre à l'Université d’Alberta, a dirigé une équipe de chercheurs qui ont analysé les impuretés piégées dans ce diamant "ultra-profond". Ils voulaient voir quels sont les minéraux qui remplissent la zone de transition entre les couches supérieures et inférieures du manteau terrestre, à quelques 400 à 650 km de profondeur. Typiquement, quand les minéraux remontent vers la surface de la terre, alors que la pression sur le minéral diminue, ils perdent leur structure cristalline d'origine, ils commencent à se réorganiser. Ainsi la « mémoire » de leur milieu de vie est perdue.

Mais quand ce diamant a refroidi, il a « verrouillé » la structure des minéraux à l'intérieur. Les diamants sont si forts qu'ils peuvent garder l'impureté sous une pression énorme. Le diamant a ensuite fait son chemin vers surface, emportant sa cargaison avec lui. Ce diamant est un message d'informations encapsulées dans la pierre précieuse.

Et il avait beaucoup à dire. A l'intérieur, Pearson et ses collègues ont découvert de la ringwoodite, une forme de haute pression de l'olivine. La ringwoodite avait déjà été trouvée dans des météorites ou créée artificiellement en laboratoire.

Contrairement aux formes les mieux étudiées de l'olivine, la ringwoodite peut contenir une quantité importante d'eau. L'échantillon a donc du potentiel pour aider à résoudre une controverse de longue date quant à la quantité d'eau contenue dans la zone de transition. En utilisant la spectroscopie infrarouge, l'équipe de Pearson a constaté que la petite tache de ringwoodite contenait environ 1%, en poids, d'eau. Pearson dit, « cela peut ne pas sembler beaucoup, mais quand vous vous rendez compte de la quantité de ringwoodite, la zone de transition pourrait contenir autant d'eau que tous les océans de la Terre réunis."

D'autres scientifiques ont des conclusions plus modérées. Ils disent qu'un seul échantillon de ringwoodite ne peut pas parler pour l'ensemble de l'intérieur de la Terre, et que l'eau serait sous une forme moléculaire différente de celle de l'eau liquide. Néanmoins, la conclusion pose également des questions sur l'origine de cette eau :

Si l'eau est là depuis que la Terre s'est formée, son rapport deutérium à l'hydrogène normal pourrait être différent de celui trouvé dans l'eau de mer aujourd'hui, et serait proche de la composition de l'eau primordiale. Si c'est le cas, ce rapport pourrait fournir des indices quant à savoir si l'eau venait des astéroïdes ou des comètes, dit Humberto Campins, un chercheur spécialiste des astéroïdes à l'Université de Floride centrale à Orlando.

En d'autres termes, non seulement il pourrait y avoir la valeur d’un océan d'eau là-bas, mais il pourrait y avoir des milliards de litres d’eau qui étaient là quand la Terre était une sphère aqueuse. Pearson hésite à casser le minéral pour en savoir plus, il fait seulement 40 micromètres de diamètre, mais les géologues peuvent tomber sur un autre « courrier » des profondeurs qui contiendrait des indices sur les premiers jours aqueux de notre planète.

 

D’après un article de Richard A. Lovett paru sur le site : http://www.pbs.org/wgbh/nova/next/earth/a-diamonds-journey-from-the-center-of-the-earth-brings-news-of-a-secret-water-reserve/

Traduction JJ Chevallier
www.mineralogie.fr

www.crg-dug.fr

 

 
 
 
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MàJ: jeudi 29 septembre 2016 11:15